Vehlmann & Duchazeau - Les Cinq Conteurs de Bagdad - One Shot


Les Cinq Conteurs de Bagdad - One Shot - (2006)
Scénario: Fabien Vehlmann | Dessin: Frantz Duchazeau (Duchazeaubeneix) | Aventure | PDF | French | 33MB

Il y a bien longtemps, le Calife de Bagdad organisait un concours de conteurs destiné à récompenser le meilleur d'entre eux. Pour le gagnant, la célébrité et la richesse sont au rendez-vous. Pour le perdant, c'est le supplice du pal... Cinq conteurs, réputés les meilleurs malgré leurs différences, décident alors de s'allier et d'accomplir un voyage afin de préparer ce concours...


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Grand amateur de contes, le calife de Bagdad organise un concours : dans trois ans, mille et un conteurs s'affronteront. Le gagnant connaîtra gloire et richesse, le perdant testera le supplice du pal. Donc, les cinq meilleurs conteurs de Bagdad partent pour un long voyage, histoire de raconter à leur retour, chacun à sa façon, ce qu'ils ont vu : Nazim, Tarek, Wahid (en réalité Wahida, une femme déguisée en homme), Ahmed, (l'enfant du calife) et Anouar, le vieux maître de Tarek - le meilleur conteur, aux histoires un peu trop inquiétantes pour le pékin moyen, qui refuse d'ailleurs de s'inscrire à cette "connerie" : "Je pisse dans la bouche du calife et je chie méthodiquement dans les plis de son turban", dit-il. Avant de partir, moyennant vingt dinars, nos héros consultent la meilleure devineresse de Bagdad et c'est une très mauvaise idée : vu que la prédiction inclut, entre autres calamités, le meurtre d'Anouar par le gentil Nazim et le mariage de Tarek avec Wahida, ils se mettent en route dans une ambiance plutôt lourde. Un récit puissant, formidablement drôle, intelligent et inventif, magnifié par le dessin éblouissant de Duchazeau et peuplé de personnages forts : Anouar le résistant (à tout) ; Ahmed le môme "flippant" qui sort ses quatre vérités à tout un chacun ; le doux et gentil Nazim censé devenir un assassin ; Tarek le charmeur, une légende vivante ; Wahida la féministe amoureuse - toujours de mauvais poil, forcément. Au bout du compte, la prédiction entière s'accomplira (malgré quelques détours insolites) avec toutes ses rencontres et péripéties variées - cannibales, naufrage, Hassan Ibn Sabah, chef de la secte des assassins à qui Anouar s'empresse de montrer son cul, sans oublier les histoires glanées au fil des jours : celle de l'idiot du village qui reconstruit (de traviole) la vie de Jésus, celle des deux lampions et leurs "petits" (très bizarrement traduite par Nazim) celle de la famille qui s'étripe dans le ventre du serpent (l'histoire la plus ancienne du monde), celle de l'homme en rouge (un récit-vampire qui vous hante éternellement, bien qu'il ne raconte rien), celle du monstrueux secret du petit coffre à jouets (un modèle de frustration .. "des audaces narratives à deux dinars", selon Tarek), sans oublier cette séquence extraordinaire où des myriades d'oiseaux perchés dans un arbre expliquent dans la plus grande cacophonie pourquoi le naufragé sauvé est retourné se noyer. Dans un vertige narratif parfaitement maîtrisé, un récitant dit l'histoire des cinq conteurs, dans laquelle se racontent toutes sortes d'histoires. Ce qui donne lieu à une brillante réflexion sur la force de la parole, et, en passant, un débat amusant sur "l'audimat" de l'époque. Les contes sont-ils faits pour divertir le travailleur, ou pour tenter de changer le monde ? Si on veut changer le monde, faut-il se mettre à sa portée ?


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