Sabrina Tricaud, "100 symboles pour raconter la France"

3661266

Sabrina Tricaud, "100 symboles pour raconter la France"
Publisher: Palais | 2012 | ISBN: 1090119185 | French | PDF | 152 pages | 45.8 Mb

Les mignons d'Henri III, la guillotine, la plume de Molière, le tableau noir de Jules Ferry, le micro du général de Gaulle, la 2 CV et le premier TGV... A travers une sélection de 100 symboles, objets mythiques, monuments légendaires, lieux emblématiques, ce livre nous fait entrer dans l'Histoire de France par l'imagerie et la symbolique. Il nous entraîne dans un voyage inattendu et vivant dans l'histoire, la littérature et la société françaises.

Ces 100 symboles sont autant d'occasions de comprendre les évolutions ou bouleversements qui ont transformé la France de la Préhistoire à nos jours, mais aussi de percevoir ces déformations que l'on observe parfois entre mémoire et histoire : le «bon roi Dagobert» avait-il vraiment «mis sa culotte à l'envers» ? Pourquoi véhiculer l'image d'un roi fainéant quand il n'en était rien ?

Cet ouvrage permet donc de décrypter les signes transmis aux générations futures, ainsi que les «inventions» de l'Histoire au service de notre légende nationale. Il nous invite à comprendre pourquoi ces objets particuliers habitent notre mémoire collective et sont devenus des symboles de l'Histoire de France.

«Mémoire, histoire : loin d'être synonymes, (...) tout les oppose - explique Pierre Nora dans Les Lieux de mémoire. La mémoire est la vie (...). L'histoire est la reconstruction toujours problématique et incomplète de ce qui n'est plus. (...) La mémoire installe le souvenir dans le sacré, l'histoire l'en débusque.» Ce livre cherche précisément à dépasser cette opposition de fond. A travers cent symboles de l'Histoire de France, il s'agit de réunir à la fois les représentations qui fondent notre mémoire nationale et les connaissances historiques de ces représentations. En partant d'images et de l'évocation figurée d'un personnage, d'un événement, d'une oeuvre d'art ou d'une découverte, il est question de débusquer le vrai du faux, de comprendre les raisons de cette déformation entre mémoire et histoire.

Le «bon roi Dagobert» avait-il vraiment «mis sa culotte à l'envers» ? Pourquoi véhiculer dans la mémoire collective l'image d'un roi fainéant alors qu'il n'en était rien ? De même, les contemporains du «bon roi Henri IV» mangeaient-ils de la poule au pot tous les dimanches ? Pourquoi faire de ce règne un moment privilégié dans l'histoire du peuple français ?

Le choix des symboles répond au souci de couvrir l'ensemble de notre Histoire tout en privilégiant des éclairages sur les périodes les plus récentes où la mémoire collective est encore très vivace. Qu'il s'agisse d'objets (le glaive de Charles Martel, le bicorne de Napoléon Ier ou le blouson de Johnny Halliday), de monuments (les Tuileries ou le Centre Georges-Pompidou), d'inventions (le fardier de Cugnot, le daguerréotype), de personnages historiques (de Clovis à François Mitterrand), de figures littéraires (Balzac ou Victor Hugo), d'hommes de sciences, tous et toutes ont été choisis pour leur caractère imagé et emblématique d'un aspect politique, économique ou social de l'histoire de France de la Préhistoire à nos jours. L'ouvrage retrace les principaux épisodes de notre roman national (de Roland à Roncevaux aux Taxis de la Marne en 1914), ses héros (tels Vercingétorix ou Jeanne d'Arc), ses lieux (comme la Bastille). Il raconte également les grands bouleversements économiques et sociaux qu'ont connus les Françaises et les Français, en métropole et dans les colonies, au travers des siècles. Le tirailleur sénégalais de Banania, symbole de la France coloniale, voisine ainsi avec le pantalon de Coco Chanel, emblème de l'émancipation féminine au XXe siècle.

Chaque symbole est illustré, souvent en puisant dans le répertoire des images de notre mémoire collective, puis commenté afin de le replacer dans son contexte historique, social et culturel. En plus de la description du symbole, l'ouvrage montre la façon dont les historiens et les hommes politiques ont progressivement construit, parfois reconstruit, notre passé suivant les époques et les besoins du moment. La Troisième République de Jules Ferry et d'Ernest Lavisse, avec sa célèbre imagerie d'Épinal, constitue assurément un temps fort de la mise en place de cette mémoire nationale enseignée aux enfants de France à partir de manuels scolaires a vocation pédagogique mais aussi patriotique et morale. Nombreux sont ceux qui, aujourd'hui, déplorent que 1 on n'apprenne plus l'histoire de France à nos enfants.

Ils trouveront dans ces pages de quoi nourrir leurs souvenirs et expliquer à leur descendance, comme l'écrivait l'historien Charles Seignobos que «les manuels scolaires français ont tort d'enseigner aux élèves "Les Gaulois, nos ancêtres, étaient grands et blonds", car ces enfants ne descendent pas des guerriers nordiques, mais des paysans établis plus anciennement. Tout ce qu'on a le droit de leur dire, c'est que leurs ancêtres ont parlé la langue celtique introduite par ces guerriers.»


Sabrina Tricaud est agrégée et docteur en histoire. Spécialiste d'histoire politique et d'histoire des femmes, elle a publié plusieurs ouvrages sur les années Pompidou, notamment Georges Pompidou et Mai 1968. Eric Roussel est écrivain et journaliste. Ancien critique littéraire au Monde, il collabore au Figaro littéraire depuis 1984. Président de l'Institut Pierre-Mendès-France, il est l'auteur de nombreuses biographies : Georges Pompidou (Lattès, 1984), Mitterrand ou la constance du funambule (Lattès, 1991), Jean Monnet (Fayard, 1995), Charles de Gaulle (Gallimard, 2002), Pierre Mendès-France (Gallimard, 2007)... David Bordes est photographe, spécialisé dans le patrimoine et l'histoire. Il collabore régulièrement avec le Centre des Monuments Nationaux, la Fondation Yves Klein et Alain Ducasse. Il réalise depuis plus de 10 ans un travail personnel sur les objets mythiques et historiques.

|

1674127